Grandes décisions.

 

Miguel ne revint à l’association de l’amitié que trois jours plus tard, grand sourire aux lèvres. En effet, tout allait comme il voulait…

-        Bonjour mademoiselle, où sont mes amis les extraterrestres ?

-        Oh, un peu partout… Ils se sont repérés, à présent. Avant-hier, ils ont profité de la pluie pour explorer nos locaux. Leur réaction a d’ailleurs été très curieuse, ils en avaient peur.

-        Tiens ? Ce n’est que de l’eau…

-        Apparemment, pas pour eux…

La jeune femme sourit, et ajouta :

-        Ils sont sûrement dans le parc.

 

Miguel trouva la petite troupe avec les Français de l’association, à l’exception de la princesse, qui était un peu plus loin, ravie, au milieu de chats. Ce fut Carman qui réagit le premier.

-        Miguel ! Venez !

-        Oui, venez ! lança Edouard tout en faisant un grand signe de la main. J’ai fait jouer Césig et Ollibert à la pétanque !

-        Et alors ? s’enquit Miguel, riant déjà.

-        Ils nous battent ! se plaignit Jean.

-        C’est trop facile, votre jeu, aussi ! fit Césig.

-        Je crois que les Po-Toliens ont le compas dans l’œil, déclara Mona.

-        Sur Po-Tolo, votre jeu ferait un malheur, dit Carman en riant. Je nous vois déjà avec votre mètre-ruban !

-        Il en faudrait avec des micromètres ! plaisanta Byzix. Mais vous tombez bien, Miguel.

-        Comment va Maria ? demanda Césig.

Tous comprirent, au léger rougissement de l’arrivant, et Antoinette lui tapa sur l’épaule. Miguel se reprit.

-        Vous disiez, capitaine ?

-        Nous allons aller sur Terre. Nous étions en train de discuter pour savoir où exactement.

-        Alors je vous conseille l’Espagne… ou l’Italie.

Les Français s’esclaffèrent.

-        Il n’y a pas que l’Europe, déclara Césig.

-        Il y a tout l’espace méditerranéen, le nord de l’Afrique, dit Mona.

-        Ou l’Amérique. Ou l’Océanie.

-        Et vous avez consulté un atlas ?

-        Il est sur la table, répondit Byzix. J’aime beaucoup la bibliothèque de l’association, ils y sont très arrangeants.

Miguel se rapprocha, avisa les pistaches et les noisettes.

-        Je peux ?

-        Je vous en prie ! lui dit Jeanne avec son accent inimitable – du moins pour un Po-Tolien. Voulez-vous aussi du pastis ? Ou de la bière ? Ou si vous préférez, il y a de la grenadine…

Miguel se laissa faire, puis montra l’Espagne, avant de demander :

-        Pourquoi pas l’Asie ?

-        Quand je leur ai parlé de Bali, ils ont dit « non, pas la plage ! » fit Edouard, encore très étonné d’une telle réaction.

Miguel se gratta la tête.

-        Vous avez si peur de l’eau que ça ? demanda-t-il aux Po-Toliens, qui se regardèrent.

-        Nous nous lavons comme tout le monde, répondit prudemment Anthéa.

-        Et la pluie ?

-        Nous ne supportons pas l’acide.

-        Quel acide ? C’est de l’eau, rien de plus !

-        Sur Po-Tolo… commença Byzix, mais il se reprit.

-        Allez en Angleterre, vous verrez bien, fit Miguel en souriant. Même si c’est l’Europe. Mais sur ce continent, le sud est plus agréable.

-        Alors, venez avec nous, lui dit Carman avec de grands yeux suppliants.

-        Oui, avec vous nous commettrons moins d’impairs, ajouta Byzix en adoptant le même regard.

-        Mais je… commença Miguel en pensant à Maria.

Césig comprit le premier.

-        Je crois que notre ami n’est plus célibataire.

-        De toute façon, je suis volontaire, déclara Antoinette. Nous pouvons aller en Angleterre, en France, en Italie, puis plus au sud, si ça vous va.

-        Oh, merci madame.

-        Vous étiez très mignons, sur votre vélo, dit Anthéa en souriant, à Miguel.

Byzix et Césig se regardèrent, et la princesse les avait rejoints, suivie de Flocon, s’excusa auprès de Miguel, qui caressa le petit chat blanc.

-        Alors je peux venir avec vous ? J’ai bien plus d’expérience que ce gentil petit jeune, j’ai eu une longue vie, et j’ai déjà voyagé en Europe. Je connais bien l’anglais.

-        C’est d’accord. Et nous testerons l’Angleterre. Les amis, nous partons après-demain ! lança Byzix, et la princesse caressa Flocon en soupirant.